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Savants et franc-maçonnerie sous la Révolution

Dans le cadre d'un Petit dictionnaire des chimistes de la Révolution et de l'Empire, j'avais abordé, dès l'introduction de cette étude, les rapports complexes entre ces deux aspects.

Ayant noté une plus grande représentation de scientifiques que de littéraires appartenant à la franc-maçonnerie, je m'étais posé la question d'en saisir l'origine... A étudier les motivations diverses des uns et des autres (si Monge était animé de sentiments [ultra]républicains... et même revanchards contre les prérogatives de l'Ancien régime après ses démêlés à l'Ecole du génie de Mézières où il lui était interdit d'enseigner du fait de sa condition de roturier... à l'inverse, pour Chaptal, sa condition de franc-maçon complétait sa position de notable montpelliérain), il est difficile apparemment de dégager une cause prépondérante.

Un facteur semble pourtant se dessiner autour de la personne du Grand-Maître qui n'est autre que Philippe d'Orléans, dit Egalité qui mit la main sur la franc-maçonnerie dans le but d'en faire un instrument à sa botte au cas où... Ce prince, qui détenait la plus grande fortune du pays, était obsédé par le Trône. Très vite, il vit que la maçonnerie ne lui serait d'aucun secours et il s'en désintéressa complètement, en laissant la gestion à d'autres nobles comme Montmorency-Luxembourg. Mais Philippe-Egalité était aussi un homme d'affaires averti, en pointe à son époque, se comportant en mécène dans l'histoire de la découverte de la soude industrielle ou installant des usines (une sucrerie comme une fabrique de sabres... )

Il s'intéressait personellement à la chimie, réalisant des expériences dans son cabinet (le terme utilisé pour son laboratoire sur lequel d'ailleurs tous les rapaces se jetèrent après son exécution pour se l'appropier... Les moyens étaient pauvres à l'époque mais il n'est pas certain que les temps aient beaucoup changé sur ce point...).C'était à lui tout seul une puissance économique employant 60.000 hommes, dont certains savants, travaillant pour lui (il faut y inclure aussi, dans un genre différent, Choderlos de Laclos qui était pour le cousin du Roi, une liaison dangereuse...) et il tirait une grande partie de se revenus de bars, tripôts et  autres maisons de jeux... ou de passe (et pas seulement anglaise) installés dans les bâtimenst qui se situaient où se trouve maintenant l'ensemble de la Comédie-Française et du Conseil constitutionnel.  

Pour terminer ces quelques lignes sur le sujet, précisons que Lavoisier, qui est considéré sur certains sites Internet comme ayant été franc-maçon, ne le fut probablement pas. On ne retrouve pas son affiliation au tableau de la Loge des Neuf-Soeurs qui abritait les célébrités du temps ni ailleurs du reste. Cette rumeur reste attachée au fait qu'à la mort de Madame Lavoisier qui épousa Lord Rumford par la suite, il ait été trouvé deux tabliers maçonniques qui étaient là du fait de son époux britannique.       



28/02/2006
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